TOUCHER L'ESPACE PUBLIC
PESER LA DANSE

Evènement de contact-improvisation dans l'espace public
 

Du vendredi 23 au Dimanche 25 septembre 2022

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© Christophe Le Toquin et Isabel Claus, Dégagements d'espaces, Blois, 2008

 

 

Stage/Evènement de contact-improvisation dans l'espace public

avec Céline Auclair et Matthieu Gaudeau
 

TOUCHER L'ESPACE PUBLIC PESER LA DANSE

vendredi, samedi et dimanche, de 10h à 18h

 

"Vous nagez dans la gravité depuis le jour de votre naissance. Chaque cellule sait où se trouve le bas. On l'oublie facilement. Votre masse et la masse de la Terre s’attirent réciproquement." Gravité, Steve Paxton


Basé sur le dialogue tactile et pondéral entre partenaires, le contact-improvisation se fonde sur l’expérience de la gravité comme ressort de nos mouvements, sur l’exploration de cette attirance réciproque entre nos corps et la Terre.
En ce sens, cette Terre n’est pas un simple support physique, mais un lieu qui nous accueille, nous porte et nous soutient. C’est un sol vivant, variable et mouvant. En contact-improvisation, le temps d’une danse, ce sont nos partenaires qui deviennent ce sol sur lequel nous pouvons prendre appui, nous déposer ou nous repousser. Ce sol oscille ainsi en permanence, s’ajustant aux variations de tonus, de pression et de poids, s’adaptant à chaque partenaire, à chaque situation, à chaque instant.


La gravité ne permet pas seulement à chaque cellule de savoir où se trouve le bas (le sol) comme le rappelle Paxton, elle nous oriente aussi vers le haut (le ciel). Tout comme le sol, l’espace n’est pas donné d’emblée. Il n’est pas un espace vide et abstrait. Il émerge de la rencontre avec l’autre, avec l’environnement, dans nos transferts de poids – chutes, déséquilibres, portés, etc. –, nous permettant de nous y orienter et de nous y élancer. 


Bien que le contact improvisation soit une pratique qui ne se donne pas à voir (mais à vivre) et que son lieu de prédilection soit d’abord celui du studio de danse, nous faisons l’hypothèse que l’expérience du poids et du sol qu’il engage permet de mieux penser/panser les relations à nos milieux urbains, et peut-être de mieux habiter nos villes.  


D’abord parce que le sol est aussi le point de départ de tout.es celles et ceux à charge de concevoir et d’aménager ces espaces urbains. L’aménagement d’une ville consiste à rendre son sol habitable, à s’appuyer sur une morphologie déjà tracée, nécessitant par-là la rencontre avec un territoire existant. 


Ensuite parce que l’espace public n’existe que par les forces tensionnelles des corps qui l’habitent. Il est par définition cet espace de confrontations, de conflits, de frictions entre des groupes de personnes, des fonctions et des usages. Il est fait de gestes, de distances, de relations, de flux et de rythmes que nous pouvons défaire, tisser, greffer ou encore rendre élastique. 


Enfin, car après la crise sanitaire qui a bouleversé nos liens tactiles et notre rapport à l’autre au sein de l’espace public, le contact-improvisation peut nous permettre de ré-apprivoiser la chair de nos villes et agrandir notre capacité à toucher et se laisser toucher (au sens propre comme figuré du terme). En effet, si le sens de la vue est prédominant dans la ville, c’est bien à la tactilité que s’adressent les transferts de poids du corps. 


Et si, pour toutes ces raisons, danser dehors nous permettait d’enrichir notre rapport au monde ? 


C’est la question que nous vous proposons de travailler ensemble au cours de ce stage de danse dans l’espace public. Durant trois jours nécessaires à un approfondissement, le stage alternera entre des temps d'échauffement et de préparation dans un studio et des temps d'exploration et de danse dehors, par tous les temps. Les lieux de travail seront situés dans le 1er et 4ème arrondissement de Lyon.

 

Matthieu Gaudeau

Matthieu Gaudeau est interprète comédien-danseur pour des compagnies de spectacle vivant depuis la fin des années 90. Il rencontre le contact improvisation en 1998 auprès de Gilles Estran et suit très longtemps son approche (nourrie de la Technique Alexander). Dans les années 2000, il collabore avec des plasticiens (Jean Claude Lauruol, Jean Charles Séosse) et explore plusieurs universperformatifs. Notamment un travail de visites et de cartographies sensorielles de friches industrielles.
A partir de 2009, il suit la formation des professeurs de la Technique Alexander et se passionne pour l’enseignement, le geste humain, les approches de la cognition incarnée, (notamment l’approche énactive) et les dynamiques attentionnelles. Il participe au projet  ICI  et ICrEA (projet danse et neurosciences, CNRS). Ces projets de recherche-action, développés en communauté de pratique (neuro-scientifiques, psychologues, anthropologues, philosophes, éducateurs, artistes improvisateurs) prenaient l’improvisation comme cadre épistémologique –outil de recherche et non objet d’étude- pour constituer un observatoire écologique des dynamiques interactionnelles, par lesquelles les affordances (G.G Gibson), l’attention et les affects s’enchevêtrent. Membre fondateur il joue un rôle central dans le développement des protocoles expérimentaux autour de l’attention et l’attention conjointe. Entre 2014-2018, il organise avec Asaf Bachrach et Emma Bigé, une série de workshops sur la question du paysage, mêlant approches philosophiques et cartographies de l’attention, s’appuyant sur les cartographie de F.Deligny et l’entretient micro-phénoménologique. Il a été co- organisateur des Rencontres Internationales de Contact Improvisation à Paris. Il enseigne le CI régulièrement en France et à l’étranger.


Qu’est-ce qui crée du sujet sinon une interaction ? D’une manière générale, il convient de poser les questions de cette interaction comme espace d’action.
Un espace de “l’entre-deux” où s’articule et s’organise le geste depuis un “Milieu” qui n’existe qu’en rapport à une action qui le déploie mais aussi réciproquement, un sens de soi qui n’existe qu’en vertu de l’action qui le fait surgir.
Au sein de cette interaction se redessine un environnement, un paysage comme partenaire et ce paysage est traversé, constitué d’affects au sens de D.Stern (« Par exemple, une “explosion” (rush) de colère ou de joie, l’expérience d’être inondé de lumière, l’accélération d’une séquence de pensées, une vague incommensurable de sentiment évoquée par de la musique, et une prise de narcotique peuvent tous être ressentis comme des ‘‘explosions’’. (...) La qualité ressentie de chacun de ces changements similaires est ce que j’appelle l’affect de vitalité d’une ‘‘explosion’’ »). Nous pourrions nous laisser travailler par les affects qui traversent les espaces publiques et voir ce que ce « milieu » urbain révèle comme dynamiques, quels gestes il appelle et par là-même quel sujet il construit.

Céline Auclair

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LIEU

LYON 1er

TARIF

 Tarif normal 140€/  tarif réduit* 120€ / tarif solidaire 160€

(*quotient familial inférieur à 900€)

INSCRIPTION EN LIGNE

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